Utiliser des peintures sans particules fines

 

peinture COV classe A plus

Le bricolage à l'intérieur d'une habitation est une source de pollution. Ponçage, découpes, travaux de peinture génèrent des particules fines dans l'air intérieur et affectent l'environnement des occupants. Les peintures contiennent différentes substances toxiques. Les solvants des peintures à l'huile, les colles et les vernis dégagent des composés organiques sous forme de gaz, appelés COV. Ils se répandent à l'intérieur d'une pièce pendant l'application et la phase de séchage de la peinture. Les particules fines de la peinture, sous forme de nanoparticules, sont aussi à éviter. Découvrez pourquoi dans cet article.

À quoi servent les particules fines de la peinture ?

Une peinture est généralement constituée d'un liant, d'un solvant et de pigments. On y trouve de nombreuses particules fines, notamment dans les pigments et les additifs. Elles apportent différentes propriétés aux peintures.

Les particules fines des pigments de la peinture

Les pigments assurent la coloration de la peinture. Ils sont parfois composés de pigments naturels, propices à la protection de la santé et de l'environnement. Ces pigments naturels ne peuvent cependant pas produire toutes les couleurs. De plus, certaines particules à l'état micro, apportent des propriétés particulières à la peinture. C'est le cas du dioxyde de titane. Sous forme de microparticules, il donne une brillance éclatante aux blancs d'une peinture. Ces nanoparticules colorantes sont de fines poussières très volatiles. Elles mesurent moins de 100 nanomètres, soit la taille d'un virus.

Les propriétés des nanoparticules des peintures

Les particules fines de la peinture, sous leur forme nano, agissent physiquement sur la texture de la peinture. Elles en améliorent les propriétés. Elles vont par exemple augmenter l'adhérence de la peinture ou rendre son application plus facile. En effet, leur texture est souvent plus lisse que celle d'une peinture acrylique traditionnelle. Ces produits assurent une protection antimicrobienne et antifongique. Les particules fines de la peinture ou nanoparticules peuvent concerner des molécules de carbone, titane, argent, etc.

Ces particules fines permettent aussi :

  • de rendre les peintures plus résistantes à l'arrachage, à l'humidité, aux griffures, aux salissures ;

  • d'assurer une protection contre les UV ;

  • de durcir la peinture au séchage.

Grâce à ces améliorations, les peintures à l'eau (acryliques ou vinyliques) deviennent aussi performantes que les peintures à l'huile avec solvants, tout en dégageant moins de polluants (COV).

Pourquoi éviter les peintures avec des particules fines ?

L'utilisation de ce type de peintures amène cependant de nombreux questionnements. L'effet sur les êtres vivants, la toxicité, la durabilité de ces peintures n'est pas encore clairement évaluée. Le comportement de ces particules ultrafines (de quelques millionièmes de millimètres) reste ainsi à évaluer lorsqu'elles sont libérées dans l'air. En effet, leur très petite taille favorise la pénétration dans le corps. Des études semblent montrer que les nanoparticules pourraient provoquer des inflammations et affaiblir le système immunitaire. Nous vous conseillons donc d'utiliser des peintures biosourcées.

Le cas du dioxyde de titane sous forme de nanoparticules

Le dioxyde de titane est un ingrédient controversé. Sous forme de pigments, à l'état micro, il apporte des couleurs blanches intéressantes aux peintures. Sous forme de nanoparticules, il est considéré par l'ANSES comme un cancérogène avéré chez l'animal lorsqu'il est inhalé. Son effet sur l'homme reste difficile à évaluer. Son utilisation est à éviter sous forme d'aérosols, pour ne pas être inhalé par voie respiratoire. L’ANSES mène ainsi une enquête sur les risques potentiels du dioxyde de titane pour la santé humaine et l’environnement dans le cadre du règlement REACH.

L'absence de réglementation sur les nanoparticules pour la peinture

En France, la législation européenne sur les composés volatils organiques (COV) impose des limites en COV pour les peintures. Elle impose aussi aux fabricants de communiquer sur les émissions de COV d'un produit. Pour l'utilisation des nanoparticules, il n'existe pour l'instant pas de réglementation spécifique. C'est donc la réglementation européenne REACH sur les substances chimiques qui s'applique. Malheureusement, REACH prend en compte que la composition des produits, et non la taille et la structure des particules qui les composent. Dans le cas des particules fines de la peinture, les industriels restent en dessous du seuil d'application de REACH. Il serait cependant dommage de choisir une peinture sans COV étiquette A+ qui contiendrait d'autres polluants toxiques, tout aussi nocifs pour la santé ou l'environnement.

Une utilisation responsable et écologique des peintures impliquerait d'éviter les peintures avec des nanoparticules, par précaution. Dans tous les cas, il est conseillé d'aérer et d'utiliser une protection appropriée pour peindre en intérieur, notamment des masques avec filtres, etc.